Le droit à la déconnexion est un droit du salarié permettant son repos “digital”. Il impose des règles d’usages des outils de collaboration numériques (email, messagerie instantanée, visioconférence, etc.). Or, nous avons pris de nouvelles habitudes depuis le début de la crise sanitaire, surtout à distance. Ce qui a rendu la notion de temps de travail plus floue. Comment déconnecter sans stresser pendant vos congés ? Quelques conseils… 

 

Pour les millions de salariés qui ont fait l’expérience du travail à distance pendant les divers confinements, le gouvernement a édité un guide de bonnes pratiques pour s’assurer du respect du droit du travail et notamment du droit à la déconnexion.

Car selon une étude réalisée par Bloom At Work après le premier confinement, 60 % des télétravailleurs se disent motivés et concentrés. Mais ils relèvent quelques points négatifs sur le travail à distance, comme la difficulté d’équilibrer vie professionnelle et personnelle…

 

Un droit peu respecté par le salarié lui-même

En fait, environ un salarié sur deux consulte ses messages électroniques ou répond à un appel téléphonique en dehors du temps de travail ou durant ses vacances. Chez les dirigeants, ils sont 80% à se livrer à ces exercices en dehors des horaires de bureau. Ces chiffres, collectés plus d’une année après l’entrée en vigueur du droit à la déconnexion restent finalement très stables. Et pour cause ! 58 % des salariés et 80 % des dirigeants pensent que l’arrivée des nouvelles technologies a contribué à faciliter leur quotidien. Synonymes de flexibilité dans l’organisation de leur travail, elles sont en effet très séduisantes auprès de cette population active, éprise de souplesse et de liberté. Mais nous pouvons résister aux sirènes de la connexion.

 

Au fait, pourquoi cette loi ?

Le droit à la déconnexion est entré en application le 1er janvier 2017. Il a été conçu comme un moyen d’assurer aux salariés un réel temps de repos et de congés ainsi qu’un meilleur équilibre entre vie professionnelle et vie privée.
Certes, ce droit ainsi énoncé présente l’avantage de sensibiliser l’opinion, les dirigeants et les collaborateurs à la problématique de l’hyperconnexion. D’un autre côté, il s’appuie sur un cadre réglementaire qui n’a finalement que peu d’utilité dans la plupart des entreprises : celles où le climat social est serein, où le bon sens a, depuis longtemps, pris l’ascendant sur la méfiance entre managers et salariés. Reste une part de la population active qui vit l’hyperconnexion non pas comme un moyen de travailler plus librement mais comme un harcèlement constant.

 

Alors en vacances : quelles bonnes résolutions ?

1 – Co-concevoir une charte de bonnes pratiques

Dans les entreprises de plus de 50 salariés, les modalités du droit à la déconnexion sont censées être négociées annuellement avec les membres du Comité Social et Economie (CSE). Sans accord, il est recommandé de concevoir une charte fixant les conditions du droit à la déconnexion et les actions de formation et sensibilisation à l’usage raisonné des outils numériques.

Dans les faits ? Autant dire que, dans la plupart des entreprises, le droit à la déconnexion se limite à cette simple charte. Elle précise quelques principes comme la restriction d’envoi des emails après 18 heures par exemple, ou l’organisation de réunions dans des plages horaires restreintes… Il faut donc aller plus loin et analyser toutes les pratiques observées depuis 1 an pour entrer plus précisément dans les détails du quotidien des télétravailleurs.

 

2- Choisir (pour de vrai !) entre vacances et télétravail

À ceux qui ont en tête de passer l’été à travailler sur leur lieu de vacances sans “prendre de congés”, ceux qui se disent que concilier les deux leur permet de passer deux mois au soleil, notre conseil est clair : ravisez-vous ! Car cette idée, séduisante sur le papier, constitue réellement un risque d’épuisement professionnel.

Un appel en remontant de la plage, caché dans la voiture ? Un arrêt au restaurant pour recharger son ordinateur ? Une “reco” élaborée pendant le cours de surf des enfants ? Attention, le burn out vous guette.

Votre cerveau et votre corps ont besoin de déconnecter. C’est-à-dire se consacrer à un véritable temps de loisir sans laisser planer la moindre contrainte pro… Alors, pas de doute : posons nos congés et profitons d’un moment de détente complet avant d’aborder une nouvelle rentrée sur les chapeaux de roues.

 

3- Cacher son smartphone dans une boîte fermée à double tour

Une enquête réalisée par Qualtrics pour Google en février 2021 révèle que 62 % des employés utilisent toujours, ou très souvent, leur téléphone pro lorsqu’ils ne sont pas au travail. 34 % ont même du mal à s’empêcher de vérifier les notifications professionnelles lorsqu’ils sont chez eux. Près de la moitié des salariés utilisent leur smartphone pro au réveil, et 40 % continuent à l’utiliser après le travail. Environ un tiers l’utilise aussi le week-end.

Vous vous reconnaissez ? Certains experts parlent de véritable FOMO (Fear of Missing Out), la peur de manquer quelque chose. Chez BBLOG, pour les vacances, nous vous suggérons une autre peur : celle de manquer le prochain apéro au coucher du soleil ou la promenade au grand air organisée par vos amis. Alors rangez ce smartphone que l’on ne saurait voir et profitez de ces quelques jours sans notifications. Car oui, vous avez le droit ! Bonnes vacances à tous.

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