Les premières manœuvres autour de l’arrêt technique du Réseau Téléphonique Commuté ont débuté. Et certaines communes ont d’ores et déjà entamé leur transformation. Elles font office de villes test en France…
Et vous, êtes-vous prêt pour la migration de vos télécoms ?

RTC, trois lettres qui vont rapidement devenir familières aux dirigeants d’entreprise. Déployé au début des années 1980, le Réseau Téléphonique Commuté arrive en fin de vie. Coûteux à entretenir, faiblement évolutif et sujet à des vols, le réseau en cuivre sur lequel il repose se voit progressivement remplacé par la fibre optique déployée sur tout le territoire. Toutes les entreprises utilisant encore cette technologie vieillissante (les accès internet et téléphonie basés sur aDSL et sDSL), ont vocation à passer rapidement au tout IP (technologie reposant sur le protocole internet).

Si l’arrêt total du réseau cuivre est planifié à horizon 2030, l’arrêt technique du RTC a d’ores et déjà débuté dans certaines communes pilotes et s’échelonnera dans les prochaines années. Comme l’explique un document en ligne de la Fédération Françaises des Télécoms, la bascule va s’opérer par lots de plaques. Une plaque correspondant à un regroupement de communes et/ou d’arrondissements situés dans un même département.

Voisins-Le-Bretonneux, Provin, Gernelle… sous les spotlights !

A partir de 2023, l’opérateur historique fermera une zone géographique après l’autre. En amont de ces grandes manœuvres, des phases pilotes sont déjà initiées. Ainsi une expérimentation dite V2 a démarré le 31 janvier 2022 et concerne six villes volontaires : Voisins-Le-Bretonneux dans les Yvelines, Provin dans le Nord et quatre communes des Ardennes que sont Issancourt-et-Rumel, Vrigne-aux-Bois, Vivier-au-court et Gernelle. Les entreprises de ces territoires ne peuvent plus souscrire à une offre commerciale DSL et la fermeture définitive des lignes RTC interviendra fin janvier 2023.

Ce top départ de la fin du RTC est un moyen de rappeler aux entreprises que l’anticipation est le maître mot de tout projet de migration. « Lors d’une expérimentation précédente, quatre entreprises sur une dizaine n’avaient pas effectué les démarches nécessaires pour changer d’offre. Elles ont subi des coupures de service« , alerte Bruno Senaque, Enterprises Special Offers Director chez Bouygues Telecom Entreprises.

Anticipation et méthode : un cas d’école pour les autres territoires

1 an … c’est court ! Pour ne pas subir d’arrêt intempestif de leurs services téléphonie et internet, les entreprises de ces communes doivent se contacter l’opérateur de leur choix bien en amont de l’échéance pour comprendre les options possibles et engager la migration. D’autant qu’un projet de migration comprend un délai incompressible. « Pour une PME, il faut compter 6 mois entre le début de la réflexion et la mise en place du nouveau réseau, poursuit Bruno Senaque. Pour les entreprises plus grandes, le calendrier peut aller au-delà de 12 mois. »

Pour accélérer la bascule sur IP dans la France entière des clients équipés de PABX, tous les opérateurs vont devoir contacter plusieurs mois avant les entreprises concernées par courriel et téléphone. Et cela va se dérouler suivant une méthode très rigoureuse.

Quatre étapes pour un raccordement !

Tout débutera par un audit du parc. Une entreprise n’a pas toujours une vue précise de son réseau. Comme en archéologie, il s’est constitué au fil des années en couches de technologies successives.

Une fois cette cartographie effectuée, il s’agira de définir un schéma directeur. L’entreprise doit dimensionner les « tuyaux » du réseau cible en fonction de ses besoins actuels et à venir. Quelle est la nature du trafic voix (appels entrants ou sortants) et quelles sont les données qu’il accueillera et leur criticité ? Sur cette base, faut-il prévoir une fibre mutualisée ou dédiée ?

Les deux étapes suivantes porteront sur le déploiement – l’opérateur tire la fibre – et la migration des services. Pour éviter toute interruption de service, la bascule s’effectuera progressivement de l’ancien réseau vers le nouveau avec un maintien en parallèle des deux infrastructures jusqu’à la fin de la migration.

Alors pourquoi attendre ?

Tous les jours les opérateurs accompagnent des entreprises qui ont sauté le pas ! Un institut de formation qui bascule ses lignes analogiques et accès DSL sur un réseau 100 % fibre. Une enseigne de hard discount qui profite d’un déménagement pour équiper son nouveau site en fibre…

Ce sont des entreprises qui voient dans la fin du RTC l’opportunité de rationaliser leurs équipements réseaux, de réduire leurs coûts mais aussi de bénéficier de services innovants. La technologie sur IP apporte, par exemple, de nouvelles fonctionnalités comme le Serveur vocal interactif (SVI), l’identification de l’appelant (ANI), la messagerie unifiée (appels, mails), le groupement d’appels ou la convergence fixe-mobile. Et la fibre apporte bien entendu un débit et une qualité de transmission nettement supérieure pour utiliser des applications métier dans le cloud par exemple.

En rationalisant leurs infrastructures, elles réalisent des économies qu’elles investissent dans la souscription de services innovants. Et vous, qu’en dites-vous ?

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