Inutile de vous interroger pour savoir si vous êtes ou non concerné par cet acronyme un peu barbare. Le BYOD (Bring Your Own Device) est une réalité dans une grande majorité d’entreprises. Les collaborateurs sont de plus en plus nombreux à utiliser leur ordinateur, smartphone ou tablette personnels dans le cadre de leur activité professionnelle. Une tendance de fond qui peut poser problème…

Si l’on s’en réfère à une récente étude du cabinet de conseil Gartner, les employés utilisent aujourd’hui en moyenne 3 devices différents au quotidien sur leur lieu de travail. Parmi ces trois appareils, il y a fort à parier qu’au moins l’un d’eux leur appartient et n’a pas été fourni par l’entreprise… S’il ne faut pas perdre de vue que le droit du travail impose à l’employeur de fournir à ses salariés les moyens nécessaires à l’exécution de leurs tâches professionnelles, le fait est bel et bien réel ! Et même si les collaborateurs ont de plus en plus tendance à utiliser leurs outils informatiques personnels à des fins professionnelles, cela n’affranchit pas les entreprises de leurs obligations !

Mais le problème est finalement encore plus complexe qu’il n’y paraît ! En effet, même la diminution des frontières entre vie professionnelle et personnelle peut être perçue comme la preuve d’une réelle implication du collaborateur ou comme un vecteur d’efficacité, il faut se méfier de l’arbre qui cache la forêt.

Des réalités à accepter…

En octobre dernier, le cabinet d’études de marché Vanson Bourse a publié une étude réalisée à la demande de VMware (société informatique). Celle-ci révèle que 49 % des responsables informatiques en France (66% à l’échelon Européen) sont confrontés à des salariés exigeants toujours plus mobiles. 24 % d’entre eux se plaignent notamment de l’impact que cela représente sur leur productivité. Pour pallier ce manque de mobilité, le collaborateur a un réflexe : utiliser son propre équipement informatique.

C’est ainsi que le BYOD se répand peu à peu dans les entreprises. Cela constitue-t-il pour autant un défi pour le DSI ?

Bien sûr que oui, car cette même étude révèle que 34 % des responsables informatiques affirment faire face à l’exigence des cadres dirigeants d’accéder aux données professionnelles depuis leurs appareils mobiles même si cela va à l’encontre des stratégies de leur entreprise et que 20 % des salariés français contournent fréquemment les stratégies de mobilité de leur entreprise pour plus de productivité.

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Agir pour protéger l’entreprise et le collaborateur

Puisqu’empêcher le collaborateur d’utiliser son équipement personnel peut nuire à son efficacité, l’entreprise doit s’adapter en mettant en place des solutions adaptées. L’une des plus simples consiste à séparer le contenu professionnel du contenu personnel sur l’équipement, afin de garder le contrôle sur les contenus de l’entreprise et de les protéger des éventuels risques liés à une utilisation privée, sans toucher aux données personnelles des employés. L’autre voie à explorer consiste à mettre en place un chiffrement des flux de données entre le terminal du collaborateur et le système d’information de l’entreprise en déployant un VPN (réseau privé virtuel).

Enfin, au-delà des solutions techniques, c’est bien par le dialogue et la sensibilisation que le DSI pourra agir ! Il faudra par exemple formaliser au sein d’une charte, les responsabilités de chacun et définir les précautions essentielles à prendre dans le cadre du BYOD telles que le verrouillage du terminal avec un mot de passe suffisamment robuste et renouvelé régulièrement ainsi que l’utilisation d’un antivirus à jour. C’est en mobilisant les énergies que l’intégration du BYOD se fera sans douleur dans l’entreprise !