En 2017, l’Europe décidait de supprimer les surcoûts engendrés par le roaming (appels et itinérance des données), c’est -à -dire l’usage du mobile à l’étranger. Depuis, la consommation de data a explosé dans tous les pays et la technologie VoLTE (4G LTE et 5G NR NSA) s’est imposée pour de bon. En parallèle,  les diverses restrictions en matière de déplacement liées au Covid ont modifié profondément les consommations des utilisateurs. On vous dit tout sur ces nouvelles habitudes et on décrypte avec vous quelques idées reçues sur le roaming…

 

Les usages des professionnels en roaming ont fortement diminué depuis le COVID

VRAI et FAUX

D’un côté, il est clair que les déplacements à l’étranger se font plus rares aujourd’hui, du fait de la généralisation des réunions à distance, en visioconférence. Mais lorsqu’ils ont lieu, leur durée est généralement plus longue. Et les utilisateurs mobiles consomment plus. De ce fait, les usages en roaming sont beaucoup plus importants.

Entre les 6 premiers mois de l’année 2019 et les 6 premiers mois de l’année 2022, on constate par exemple un nombre d’utilisateurs en baisse de 7% en Amérique du Nord mais paradoxalement on observe un usage moyen qui a bondi de 73% (1).

Par ailleurs, certaines destinations comme la Chine et l’Asie en général ont vu le nombre de voyageurs professionnels chuter drastiquement, avec 80% d’utilisateurs en moins. Dans ces régions du globe, on ne croise plus beaucoup d’européens en déplacement. A l’inverse, sur d’autres continents, comme au Maghreb par exemple, le redémarrage de l’activité a été fulgurant.  Si l’on compare les usages entre 2019 et 2022, on constate un nombre d’utilisateurs en roaming en augmentation de 40% et des usages multipliés par 7 !

 

Avec le Brexit, les consommateurs en déplacement au Royaume-Uni doivent surveiller leurs frais d’itinérance

FAUX

Le 31 janvier 2020, le Royaume-Uni est sorti des accords européens. Les télécoms, comme tous les secteurs, s’en trouvent affectés. Des deux côtés, les opérateurs peuvent, depuis, librement fixer à nouveau des frais d’itinérance. Du côté anglais, c’est ce qu’ont décidé Vodafone et EE en facturant les consommations de leurs abonnés lorsqu’ils se rendent sur le continent européen.

En France, bonne nouvelle ! Aucun des 4 opérateurs nationaux n’a emboîté le pas aux britanniques, autorisant ainsi le  roaming sans frais supplémentaires pour tous leurs voyageurs en déplacement au Royaume-Uni.

 

Aux Etats-Unis, la fin de la 3G rend les communications en roaming impossibles

VRAI et FAUX

La 3G a été débranchée au début de l’année 2022 aux Etats-Unis. Jugé obsolète, le réseau n’est plus en service depuis quelques mois. Pour les utilisateurs français en déplacement sur le sol américain, cela revient à déclarer : “terminé les appels transitant par la 3G”. Pour continuer à téléphoner sans entrave, il est maintenant nécessaire d’activer la VoLTE sur son mobile. Pas de panique, c’est simple et rapide. Si vous disposez d’un téléphone compatible dont l’OS est à jour, il suffit d’accéder dans vos réglages au menu “données cellulaires” ou “Réseaux mobiles”…

 

Les travailleurs détachés en Europe peuvent garder leur forfait français pour faire des économies

VRAI mais….

Comme vous le savez peut-être, la France est le pays qui pratique les plus bas tarifs d’abonnements mobiles. Pour beaucoup d’entreprises sur le sol européen, la tentation est grande de souscrire à des abonnements dans l’hexagone pour des usages à l’étranger (le roaming étant gratuit!). Mais il faut savoir que si techniquement tout est possible, l’Europe interdit l’utilisation abusive d’un forfait contracté dans un pays dans lequel vous ne semblez pas vivre. Cela pour garantir les règles de concurrence et protéger les opérateurs.
Ainsi, les opérateurs français sont en droit de suspendre les abonnements “frauduleux” et surtout en droit de surtaxer ces abus par des surfacturations.

 

Pour bénéficier de frais de roaming maîtrisés, il faut prendre un forfait International coûteux

FAUX

Pour les professionnels qui voyagent beaucoup, il est bien sûr recommandé de souscrire à des forfaits où le roaming à l’étranger est inclus quelle que soit la période. 

Mais on constate aussi qu’un tiers des abonnés qui ont souscrit à un abonnement international n’utilisent pas leur enveloppe roaming, soit parce que ces utilisateurs ne voyagent pas, soit parce qu’ils méconnaissent leur forfait et ont peur de la surfacturation. Parallèlement à ces forfaits internationaux, de nouvelles options, surfant sur la tendance du sans engagement, permettent une souscription ponctuelle. Les opérateurs proposent ainsi des offres limitées dans le temps (en voix et en data) adaptées à des déplacements occasionnels dans une zone géographique donnée. N’hésitez pas à vous renseigner.

 

Par Julien Gauchet

 

(1) (source : Données réseaux – Bouygues Telecom Entreprises).

Je souhaite être recontacté à ce sujet