Annoncée pour 2030 par l’opérateur historique, la fermeture définitive du réseau cuivre a, en réalité, déjà commencé avec l’arrêt de la commercialisation du service Réseau Téléphonique Commuté (RTC) et accélère avec l’arrêt des liens DSL. En effet, le cuivre va progressivement être remplacé par la fibre optique qui devient le nouveau standard et offre des débits beaucoup plus rapides. Pour les entreprises se pose aujourd’hui la question de leur migration. Quand l’initier ? Comment s’y prendre ? Quelles sont les échéances à connaître ? Histoire d’une fin programmée… 

Le déploiement du réseau cuivre en France s’est terminé au début des années 70. Et pendant 50 ans, il a accompagné les entreprises dans leur développement et dans leurs communications. Réservé à la téléphonie (RTC : réseau téléphonique commuté) pendant une trentaine d’années, il a permis la généralisation du haut débit internet pour tous grâce à l’ADSL et ses nombreuses évolutions (SDSL, VDSL, …) qui sont encore le partenaire du quotidien de nombreux professionnels.

Mais aujourd’hui, la performance du cuivre est largement concurrencée par la fibre dont le déploiement va bon train avec 6 millions de nouvelles lignes raccordées en 2020 et plus de 6 millions prévues en 2021.

La crise sanitaire n’a fait qu’accélérer le mouvement, faisant exploser les souscriptions d’abonnements à la fibre pour pallier les contraintes d’isolement et de travail à distance. Le Très Haut Débit ayant en effet permis, en cette période inédite, aux organisations d’opérer une véritable transformation numérique, de repenser leur processus et d’entrer dans le monde de demain.

 

Obsolescence d’une technologie coûteuse et fragile

Le réseau cuivre représente aujourd’hui 1 million de kilomètres de câbles, 15 millions de poteaux téléphoniques et autour de 22,6 millions d’abonnements (particuliers et entreprises) en France.

Et ces infrastructures coûtent cher et consomment 3 fois plus d’énergie que le réseau fibre qui se déploie en parallèle. Par ailleurs, les vols de câbles, les accidents de voirie ou encore les aléas météorologiques impactent fortement la qualité de service de ce réseau vieillissant.

C’est pourquoi les opérateurs se sont engagés à préparer progressivement la fin de la commercialisation des offres entreprises afin d’anticiper le démantèlement total du réseau cuivre d’ici à 2030. Pour le grand public, il ne sera plus possible de commander d’offre DSL dès le mois d’octobre 2021 pour 3 millions de logements.

Une première expérimentation s’est achevée en mars 2021 concernant la fermeture totale du réseau cuivre dans la commune de Levis Saint Nom. 1 600 habitants sont donc passés au 100 % fibre en quelques mois, sans encombre. La maire y a vu de nombreux avantages pour sa commune du point de vue de la connectivité et de la satisfaction de sa population mais aussi un bénéfice moins attendu, celui de la disparition des lignes aériennes, qui a diminué la pollution visuelle dans sa ville !

 

Entreprises : le compte à rebours a commencé 

Une deuxième expérimentation aura lieu début 2022. Celle-ci inclura cette fois-ci des sites entreprises qui vont donc devoir migrer vers la fibre.

Mais que les professionnels se rassurent, aucune fermeture de ligne cuivre n’aura lieu si le territoire en question ne propose pas une alternative fibre portée par les 4 opérateurs principaux. Cela fait partie des nombreuses conditions imposées par l’Arcep[1] pour ce plan de démantèlement du réseau cuivre.

Cependant, il est important de se préparer à cette transition avec son opérateur. Le passage d’une technologie à l’autre peut prendre quelques jours pour certains mais quelques mois pour d’autres. Lorsque le bâtiment est difficile à raccorder, lorsque l’entreprise est présente sur plusieurs sites ou lorsque la migration comprend une refonte totale de l’architecture réseau, il est bien entendu nécessaire d’anticiper sur les délais pour éviter toute coupure.

Dans la pratique, rien ne change pour le quotidien des salariés et des professionnels en général. Le téléphone fixe existera toujours grâce à la téléphonie sur IP, les ordinateurs seront toujours connectés en filaire ou grâce au wifi et les usages seront les mêmes. On peut comparer cette évolution au passage de la télévision classique à la TNT. Excepté le raccordement, rien ne change, à part la qualité des usages et la performance !

Les réticences de certains dirigeants d’entreprises devraient être rapidement levées. Les offres fibre à destination des entreprises sont beaucoup plus variées que celles proposées au grand public. La fibre de base FTTH (fibre mutualisée) propose des débits 10 à 20 fois supérieurs à l’ADSL quand la fibre dédiée FTTO peut aller jusqu’à des débits 100 fois supérieurs. Ces liens sont également proposés avec des briques de cybersécurité et de fiabilité accrues qui sont particulièrement adaptées aux enjeux des professionnels, ce qui est rarement le cas sur les liens ADSL.

Même si l’échéance de 2030 paraît lointaine, les entreprises ont intérêt à passer à la fibre dès maintenant et bénéficier des avantages et de la performance du Très Haut Débit. Plus de fluidité dans les échanges, de nouveaux modes de collaboration, un accès cloud facilité, des communications de qualité, une mobilité des collaborateurs facilitée, c’est toute la promesse de ce passage à la fibre. Qui voudrait s’en priver ?

[1] Autorité de Régulation des Communications Electroniques et des Postes

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