Le retail a définitivement amorcé le virage de la digitalisation. Les points de vente se sont connectés pour offrir aux clients, comme aux vendeurs, la meilleure expérience au quotidien. Mais l’exigence de débit et de bande passante n’est pas si simple à satisfaire. Comment s’y prendre ?

On recensait en France en 2017, 811 centres commerciaux représentant un chiffre d’affaire de 127 milliards d’euros, soit près d’un quart du commerce de détail ! Totalisant 2 milliards par an et représentant près de 520000 emplois directs et indirects, on est en droit d’imaginer que les centres commerciaux sont à la pointe des exigences de connectivité… Ce n’est malheureusement pas le cas et, il existe ainsi de très fortes disparités sur le territoire. Les centres commerciaux récents (sortis de terre après l’an 2000), sont évidemment mieux préparés que les centres plus anciens. Mais il existe néanmoins une constante : « Ce que l’on constate le plus souvent, indique Antoine Mathieu, Chef de projets Déploiement à Direction des Opérations de Bouygues Telecom Entreprises, c’est une absence de centralisation et de coordination au sein des centres commerciaux. Bien souvent, chaque point de vente, chaque enseigne est autonome ». En d’autres termes, il n’existe pas de politique centralisée de gestion de la connectivité. Si bien que les déploiements, notamment de la fibre optique, s’effectuent en mode réactif et non proactif. « Cela pose différents problèmes mais le plus préjudiciable, c’est que le premier commerce à formuler la demande de raccordement à la fibre, supporte la plus grande partie des frais ! Cela constitue un frein majeur », confirme Matthieu Caron, Chef de Projet Déploiement.

Les dangers d’une mauvaise anticipation

Lorsque l’on envisage le raccordement à la fibre de centres commerciaux, « il s’agit souvent d’investissements lourds, confie Matthieu Caron, et nécessitant une phase préparatoire complexe et chronophage car des travaux de génie civil, de voirie s’avèrent nécessaires ». Et même une fois ces premiers obstacles franchis, il faut ensuite desservir les points de vente au sein même du centre commercial. « Le passage des câbles, le raccordement de chaque enseigne doit se faire en impactant le moins possible l’activité. Plus on anticipe, plus on rationalise le raccordement, plus il est possible de limiter les désagréments relatifs au raccordement au très haut débit», indique Antoine Mathieu qui souligne par ailleurs le rôle éminent des Responsables techniques des centres commerciaux dans le bon déroulement des opérations.

« Il est essentiel de considérer la connectivité comme l’un des services essentiels à l’activité commerciale”

Une action coordonnée pour des frais mutualisés

Pour faciliter le déploiement du très haut débit et offrir la possibilité à toutes les enseignes de négocier le virage de la transformation numérique, l’ensemble de la chaîne de valeur doit évoluer. Les centres commerciaux fournissent au point de vente un certain nombre de services : l’électricité, l’eau, le chauffage, la climatisation, une certaine sécurité…. « Il est essentiel de considérer la connectivité comme l’un des services essentiels à l’activité commerciale, affirme Matthieu Caron. En acceptant cette réalité comme un prérequis indispensable, le Responsable technique peut alors jouer un rôle de catalyseur ». Grâce à une action coordonnée, et en opérant un raccordement de toutes les enseignes simultanément, les frais sont mutualisés et l’organisation des travaux peut alors être fluidifiée. Cette démarche rationalisée, mutualisée, présente un autre avantage éminent aux yeux d’Antoine Mathieu et Matthieu Caron : la gestion du futur. « En prenant conscience de l’importance de la connectivité; centres commerciaux, enseignes, et opérateurs peuvent anticiper et créer les conditions de l’adoption des futures technologies réseau et assurer une pérennité optimale des investissements ».

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