Trop longtemps utilisées en entreprise pour leur praticité, les applications grand public non sécurisées reculent enfin au profit d’applications dédiées. Explications.

Pour gérer les communications en entreprise, les applications grand public sont toujours utilisées. Mais c’était sans compter sur leurs équivalent “BtoB”, plus sûrs, plus adaptés et plus efficaces, qui ont petit à petit montré leurs muscles.

Que ce soit pour communiquer, échanger des fichiers ou des données, les applications grand public sont nombreuses. Citons par exemple les systèmes de messageries instantanées comme Facebook Messenger ou WhatsApp , mais aussi l’application Wetransfer, qui permet d’échanger et d’envoyer des fichiers de taille conséquente en deux clics.

La sécurité en jeu

Faciles à utiliser, ces applications trouvent néanmoins leurs limites dès qu’il s’agit de les utiliser dans un cadre professionnel, beaucoup plus exigeant. La première contrainte tient tout d’abord à la sécurité des échanges, compte tenu des enjeux concernant l’espionnage industriel et économique. Cette raison a motivé la mise en place d’applications dédiées spécifiquement aux usages en entreprise. « Cela fait une dizaine d’années que de tels dispositifs existent, avec l’arrivée de Skype for business (également appelé Skype Entreprise) par exemple. Et le mouvement ne s’est pas essoufflé depuis » explique Bastien Salvan, spécialiste des communications unifiées chez Bouygues Telecom Entreprises. Ainsi, malgré son nom, Skype for business n’a pas grand chose à voir avec Skype classique. Côté sécurité, le service bénéficie de ses propres serveurs dédiés. Et côté fonctionnalités, il s’intègre parfaitement aux solutions de réunions en ligne professionnelles : les membres peuvent rejoindre une réunion en ligne à partir de n’importe quel appareil, en un seul clic, les réunions peuvent être programmées dans Outlook, une URL de réunion peut être créée et personnalisée, etc. Soit autant d’arguments pour basculer vers des solutions plus B to B. Car le travail en entreprise est synonyme de contraintes spécifiques. Pour la visioconférence, les salariés ont besoin d’un partage d’écran, ou bien d’outils de gestion de présence complets, des services que n’offrent pas forcément leurs équivalents grand public.

L’ergonomie et la facilité d’emploi native des applications grand public ont tout simplement été transposées pour les outils professionnels

Une inspiration puisée auprès du grand public

Un autre facteur d’accélération du besoin d’applications spécifiques repose sur la généralisation des smartphones en entreprise. Ils doivent permettre de se substituer à un ordinateur de bureau, avec tout ce que cela implique en termes de mobilité : avoir accès à tous les dossiers depuis n’importe quel endroit, des possibilités de chat, et pour les métiers commerciaux, une connexion avec les outils de CRM. Bref, autant de tâches qu’une simple application grand public est incapable de gérer, au contraire des communications unifiées mises en place en milieu professionnel. Mais tout n’est pas à jeter, loin de là. « Leur ergonomie et leur facilité d’emploi native –qui ont fait leurs preuves- ont tout simplement été transposées pour les outils professionnels » constate Bastien Salvan. C’est pour cela que Whatsapp, a lancé en début d’année sa version pro « Whatsapp business » destinée aux propriétaires de petites entreprises désireux d’échanger avec leurs clients. Une évolution notable, mais qui est encore loin d’atteindre la flexibilité et l’éventail des usages dont ont véritablement besoin les professionnels.

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