Conserver un matériel ou un produit sous prétexte que l’amortissement n’est pas terminé ? Votre entreprise pense-t-elle “acquisition” ou “usage” ? Si vous hésitez encore, voici de quoi alimenter votre réflexion. 

Nous sommes entrés de plain-pied dans l’ère du paiement à l’usage ! Si vous en doutez encore, quelques chiffres vous en feront admettre l’augure. Selon l’ASF (Association française des sociétés financières), le rythme de croissance des financements locatifs des investissements d’équipement des entreprises a enregistré une hausse de 7,6% en 2018, atteignant un montant global de 29,9 Milliards d’euros… Une tendance qui dépasse les frontières hexagonales puisque selon une étude Leaseurope, le leasing représentait sur le territoire européen un montant de 384 milliards d’euros à la fin 2017, avec un taux de pénétration avoisinant les 15% ! 

« Plusieurs facteurs expliquent l’engouement des entreprises pour le paiement à l’usage, indique Jean-Guillaume Roger, Chef de Produit pour Bouygues Telecom Entreprises, mais le plus important reste la maîtrise des coûts réels, ainsi que la souplesse d’évolution offerte par le modèle ».

Adaptabilité et réactivité

Pour faire face à la concurrence et afin de relever le défi de la flexibilité, il faut que les produits, services et moyens exploités par les entreprises et leurs collaborateurs, puissent être adaptés sans délai aux besoins réels de l’activité. « Nous assistons à l’émergence d’une nouvelle dimension qui déjà surclasse le concept du pay per use : le pay as you perform », précise Jean-Guillaume Roger. 

En d’autres termes tous les services, toutes les fonctionnalités et tous les équipements doivent apporter une rentabilité optimale. Si celle-ci n’est plus démontrée à un instant T, l’entreprise doit pouvoir s’en libérer, pour y revenir le jour où son usage s’impose à nouveau. Surfant sur cette nouvelle exigence, les industriels de tous ordres s’adaptent. Les acteurs du monde informatique bien sûr avec des offres Cloud qui peuvent dimensionnées en fonction de la saisonnalité des entreprises, ou encore celui de la téléphonie sont particulièrement concernés. 

Le secteur des équipementiers automobiles joue également le jeu à l’instar de Michelin par exemple. Le géant des pneumatiques rencontrait les plus grandes difficultés à faire accepter le prix de ses produits, conditionné notamment par une innovation et une technologie de pointe. Michelin a ainsi opté pour un modèle ne se limitant pas à vendre des pneus, mais à prendre en charge le cycle de vie des produits chez le client en facturant le kilomètre parcouru. Un dispositif qui passe par une intégration de services additionnels comme un accompagnement pour ajuster la pression des pneus, prodiguer des conseils de conduite, etc. Le résultat ? Non seulement le fabricant a pu augmenter sa marge, mais les clients finaux ont pu réaliser des économies d’échelle importantes.

Une évolution portée par l’IoT

Adapter les contrats d’assurance d’une flotte automobile en fonction du comportement des conducteurs, facturer la consommation d’eau d’un restaurant ou d’un hôtel au litre près, ne faire payer à l’entreprise que les copies ou les impressions réellement effectuées, autant de perspectives d’optimisation financières pour les entreprises. Mais cela implique de disposer de capteurs susceptibles de remonter les informations en temps réel. 

L’impact de l’IoT (Internet of Things) est crucial dans ce contexte. Et les champs d’application ne cessent de se développer ! Mais, pour les prestataires qui envisagent de se lancer pleinement dans la facturation à l’usage, il faut admettre une adaptation des business model car les montants facturés peuvent baisser drastiquement et pour survivre, il faut miser sur une relation à long terme avec le client. 

« Avec le paiement à l’usage, tout revêt une dimension « as a service » qui s’adosse nécessairement au bon fonctionnement de l’équipement dans la durée et aux services à valeur ajoutée qui accompagne l’usage du bien en lui-même; ceci replace la relation client/fournisseurs au centre du jeu », conclut Jean-Guillaume Roger.

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