Entré dans nos vies un matin de déconfinement, il ne nous quitte plus. Du matin au soir, professionnels et particuliers l’utilisent plusieurs fois par jour. Pourtant créé il y a presque 30 ans, le QR Code a connu des débuts chaotiques avant de connaître la gloire. Son histoire commence au Japon en 1994…

 

1- Il a été créé pour suivre des pièces détachées dans l’industrie automobile

 

Nous sommes au début des années 90 quand un ingénieur salarié de l’entreprise Denso Wave (spécialisée dans les équipements industriels pour le marché automobile), Masahiro Hara, imagine un code pouvant contenir de très nombreuses informations pour améliorer la productivité des usines de Toyota.

En effet, il part du constat que les pièces détachées qui arrivent dans les usines d’assemblage contiennent de plus en plus d’informations à traiter pour organiser le suivi sur les lignes de montage et qu’il est difficile pour les ouvriers de les “tracker” correctement. C’est ainsi qu’il imagine ce nouveau code matriciel qu’il baptisera Quick Response Code et qui permettra à Toyota d’optimiser très rapidement sa rentabilité.

 

2- Il est inspiré du jeu de Go 

 

Adepte de ce jeu de stratégie combinatoire japonais, le créateur du QR Code s’est inspiré de son plateau en tablier quadrillé appelé Goban et de ses pierres noires et blanches pour concevoir le principe d’encodage. Entre les deux designs, la ressemblance est frappante !

 

 

 

3- Il a ringardisé le bon vieux code barre

 

Avant la démocratisation du QR Code, l’industrie utilisait alors le code barre, encore fréquemment utilisé dans le commerce et la grande distribution pour identifier les prix des articles.

Le code barre, inventé en 1949 et standardisé dans les années 70, pouvait stocker jusqu’à 13 caractères quand le QR Code agrège aujourd’hui jusqu’à 4296 caractères alphanumériques.

C’est dire le nombre de combinaisons possibles…

Par ailleurs, d’autres technologies comme le NFC (Near Field Communication) ou le RFID (Radio Frequency Identification) reposant sur un système de lecture de puces électroniques, continuent de perdurer dans de nombreux domaines (paiement sans contact, logistique, etc).

 

4-Il a longtemps laissé perplexe les utilisateurs occidentaux

 

Proposé rapidement en Open Data (licence libre) par son créateur, d’autres industries s’en emparent et l’utilisent pour le suivi de leur production. Du côté des utilisateurs et du grand public, même si la tendance attise la curiosité de tous les passionnés d’informatique, elle ne trouve d’usage réel qu’au Japon (sa terre d’origine).

Mais à l’ouest, rien de nouveau… On en parle mais dans les faits tout cela reste balbutiant car jugé “inutile” et “complexe” par les utilisateurs. Un flop qui durera 20 ans !

 

5- Le Covid lui a redonné la santé 

 

C’était sans compter sur la crise sanitaire qui a bouleversé nos vies en 2020 et fait émerger de nombreux nouveaux usages. Le premier fut proposé en sortie de confinement par les restaurateurs qui, pour empêcher les contacts avec les menus imprimés, ont collé le fameux sésame sur leurs tables de bistrot ! Et le succès est immédiat. Peut-être aussi car il n’est désormais plus nécessaire de télécharger une application spécifique capable de lire le code. N’importe quel appareil photo de smartphone s’en charge.

Depuis, il s’est imposé dans toutes les étapes qui ont suivi ce premier confinement, les attestations de sortie, la vaccination, les résultats de tests, etc….

Facile à créer en 1 clic, il s’est également invité dans le quotidien des entreprises pour encoder des informations sensibles ou proposer de faciliter l’accès à des données aux clients ou aux collaborateurs.  En effet, il permet d’ouvrir aisément un site web, de faire de la géolocalisation, d’envoyer un mail ou un SMS, de se connecter à un réseau Wi-Fi (regardez le dos de votre box Internet), d’ouvrir une application, etc…. et ses usages semblent illimités.

 

6 – Il faut parfois s’en méfier

 

Mais dans la mesure où il permet de vous conduire, grâce à votre smartphone, vers un lien, un site ou un numéro de téléphone, il est, de fait, de plus en plus utilisé par les cyber-attaquants pour organiser des opérations de phishing (hameçonnage). Pour se protéger, les précautions de base et de bon sens sont indispensables mais il est aussi fortement recommandé aux professionnels de mettre en place des solutions de sécurisation mobile (type EMM MDM) pour protéger l’ensemble des collaborateurs de l’entreprise de ce type de menaces.

 

7 – Il a de grands projets pour l’avenir

 

Depuis 30 ans, le QR code a su faire son petit bonhomme de chemin et il n’est pas prêt d’en voir le bout. Depuis quelques mois, il est utilisé par les services de l’État pour faciliter la communication d’informations. Présent sur vos amendes de stationnement pour vous conduire sur le site de télépaiement ou gravé au dos de votre carte d’identité (depuis août 2021) pour centraliser toutes les données relatives à votre identité, peut-être remplacera-t-il un jour les différents documents officiels (sécurité sociale, passeport, permis de conduire, etc..). L’avenir nous le dira. En attendant, certains prennent un peu d’avance…

 

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